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Covid-19 : les particuliers se ruent en bourse

Début 2020, le choc du coronavirus a provoqué une chute brutale des marchés financiers, avec un CAC 40 passé de 6 111 points le 19 février à 3 632 points en séance le 17 mars. Dans ce contexte, beaucoup de particuliers se sont mis à s’intéresser à la bourse pendant le confinement, parfois par opportunité, parfois par peur de “rater” le rebond. Si tu te demandes s’il est trop tôt pour investir, la vraie question n’est pas seulement “est-ce que ça remonte ?”, mais surtout “dans quelles conditions, avec quel horizon, et avec quel niveau de risque ?”.

L’essentiel a retenir : la crise du Covid-19 a provoqué une forte correction des marchés, mais un rebond technique ne signifie pas que le risque a disparu.

  • Le CAC 40 a chuté d’environ 40 % au plus fort de la crise.
  • Le confinement a poussé de nombreux particuliers à ouvrir un compte de trading.
  • La hausse des marchés peut être un rebond, pas forcément un retour à la normale.
  • Investir trop vite après une chute expose à une nouvelle baisse.
  • Le bon réflexe dépend de ton horizon, de ton épargne et de ta tolérance au risque.
  • Avant d’investir, il faut garder une réserve de sécurité et éviter de miser tout son capital.

Un engouement soudain pour la bourse

D’habitude assez prudents face aux placements risqués, beaucoup de Français ont profité du confinement pour regarder la bourse de plus près. Concrètement, ce n’est pas seulement la baisse des cours qui a attiré l’attention : c’est aussi le temps libre, l’accès plus simple aux plateformes en ligne et l’idée qu’“il faut bien faire quelque chose de son argent”.

Dans le magazine Investir du 10 avril 2020, plusieurs courtiers ont effectivement constaté une forte hausse des ouvertures de comptes. Boursorama a évoqué une multiplication par 5 sur la période, ING par 6. Chez IG, spécialisé sur les CFD et les produits barrières, 40 % des demandes d’ouverture étaient refusées par manque de connaissances. Ce point est important : dans la pratique, plus l’accès est rapide, plus le risque de se lancer sans comprendre ce que l’on fait augmente.

Autre signal révélateur : près des trois quarts des ordres passés par les particuliers étaient des ordres d’achat. Autrement dit, beaucoup de nouveaux investisseurs cherchaient à profiter des “soldes” de marché. Ce réflexe peut sembler logique, mais il faut le nuancer. Acheter une action parce qu’elle a baissé ne suffit pas à en faire une bonne opportunité. Il faut aussi regarder la solidité de l’entreprise, sa capacité à traverser la crise et la durée pendant laquelle tu peux immobiliser ton argent.

Ce que cela change pour toi

Si tu es dans cette situation, tu te demandes sûrement s’il faut entrer maintenant ou attendre. En réalité, il vaut mieux distinguer investissement et spéculation. Investir consiste à construire une stratégie cohérente sur plusieurs années. Spéculer, c’est tenter de profiter d’un mouvement de marché à court terme. Dans le contexte de 2020, beaucoup de particuliers ont confondu les deux, ce qui a conduit à des erreurs classiques : achat précipité, absence de diversification, et sous-estimation de la volatilité.

Une réelle appétence pour le risque ?

La crise du coronavirus a aussi nourri un sentiment d’insécurité chez les ménages français. Plus de 6 millions de salariés se sont retrouvés en chômage technique, avec un revenu réduit en moyenne à 85 % de leur salaire. Les indépendants, surtout ceux qui dépendaient d’une activité physique ou locale, ont subi de plein fouet la baisse d’activité. Dans ce contexte, l’envie d’investir n’est pas toujours un signe d’audace : elle peut aussi traduire une recherche de rendement face à la peur de voir son épargne dormir.

On a d’ailleurs observé une hausse de la collecte du Livret A en mars 2020, malgré un taux abaissé à 0,50 % le 1er février 2020. La Caisse des dépôts a annoncé une collecte de 3,8 milliards d’euros, contre 2,52 milliards sur la même période l’année précédente. Ce comportement est très parlant : quand l’incertitude monte, les ménages cherchent d’abord la sécurité. En pratique, cela montre qu’avant de se lancer en bourse, beaucoup de personnes ont surtout besoin de reconstituer une épargne de précaution.

Il est recommandé de ne pas investir en actions l’argent dont tu pourrais avoir besoin dans les mois qui suivent. C’est l’une des erreurs les plus fréquentes en période de crise. Si tu dois faire face à une baisse de revenus, à une dépense imprévue ou à une situation professionnelle instable, une poche de liquidités reste prioritaire. Autrement dit, la bourse ne doit jamais remplacer ton coussin de sécurité.

Trop tôt pour investir ?

La hausse observée début avril, notamment lorsque le CAC 40 est remonté autour de 4 500 points, a pu donner l’impression que le pire était passé. Mais dans les faits, un rebond après une chute violente ne signifie pas que la tendance de fond s’est retournée durablement. C’est souvent ce que les professionnels observent sur les marchés : après une phase de panique, les cours peuvent remonter vite, puis rechuter si les résultats économiques confirment la récession.

Le vrai risque à ce stade venait des défaillances d’entreprises, des impayés et de la pression sur le système bancaire. Les banques américaines ont commencé à provisionner massivement pour absorber d’éventuelles pertes, comme l’illustrent les montants évoqués par Les Echos le 14 avril : 8,3 milliards de dollars pour JP Morgan et 4 milliards pour Wells Fargo. Concrètement, cela signifie que le marché n’anticipait pas seulement une baisse temporaire, mais aussi une dégradation plus profonde de l’économie réelle.

Dans ce type de contexte, investir trop tôt peut avoir deux conséquences très différentes selon ton profil. Si tu es long terme, un achat progressif peut avoir du sens, à condition de lisser tes entrées dans le temps. Si tu es tenté par un investissement rapide pour “profiter du creux”, tu t’exposes à acheter avant une nouvelle baisse. C’est pourquoi il est souvent plus prudent d’entrer par paliers plutôt que d’engager tout ton capital d’un coup.

La bonne manière d’agir dans la pratique

Si tu hésites encore, pose-toi trois questions simples : as-tu une épargne de sécurité suffisante, peux-tu laisser cet argent investi plusieurs années, et comprends-tu vraiment les produits que tu achètes ? Si la réponse est non à l’une de ces questions, il vaut mieux attendre ou réduire fortement ton exposition. Dans la majorité des cas, une stratégie progressive, diversifiée et disciplinée est plus saine qu’un pari sur le bon timing.

Concrètement, cela implique d’éviter les produits complexes si tu débutes, de ne pas surpondérer un seul secteur, et de ne pas te laisser guider par l’émotion du moment. Les crises créent souvent des opportunités, mais elles punissent aussi sévèrement l’impatience. Le bon réflexe n’est pas de deviner le point bas, mais de construire une méthode que tu peux tenir même si les marchés redevenaient nerveux.

Les erreurs fréquentes à éviter

Quand les marchés baissent fortement, on voit revenir les mêmes pièges. Le premier, c’est de croire qu’une action “pas chère” est forcément une bonne affaire. Le deuxième, c’est d’investir sans horizon clair. Le troisième, c’est de confondre reprise technique et reprise économique. Enfin, beaucoup de débutants négligent les frais, l’effet de levier et la volatilité, alors que ce sont précisément ces éléments qui peuvent amplifier les pertes.

  • Acheter parce que “ça a baissé” sans analyser l’entreprise.
  • Investir de l’argent dont tu pourrais avoir besoin à court terme.
  • Se précipiter après quelques séances de rebond.
  • Multiplier les ordres sans stratégie de sortie.
  • Utiliser des produits à effet de levier sans bien les comprendre.

En pratique, il vaut mieux accepter de manquer une partie du rebond que de subir une nouvelle chute avec une position trop agressive. C’est souvent ce que l’expérience montre : la patience protège mieux que l’enthousiasme.

Comment décider si c’est le bon moment pour toi

La vraie réponse dépend moins du marché que de ta situation personnelle. Si tu investis pour le long terme, avec un capital que tu n’as pas besoin de mobiliser rapidement, une entrée progressive peut être pertinente. Si tu cherches un gain rapide, dans un contexte aussi instable, le risque est nettement plus élevé. Ce que cela change pour toi, c’est qu’il faut d’abord définir ton objectif avant de regarder les courbes.

Voici une règle simple : si tu ne supporterais pas de voir ton portefeuille baisser encore de 20 % à 30 %, alors tu es probablement trop exposé. Les marchés financiers peuvent remonter fortement, mais ils peuvent aussi corriger brutalement. Dans la pratique, mieux vaut investir avec une logique de préparation qu’avec une logique de rattrapage.

FAQ

Trop tôt pour investir ?

Ça dépend de ton horizon et de ton niveau de risque. Si tu investis à long terme et progressivement, un point d’entrée imparfait n’est pas forcément un problème. En revanche, si tu cherches un gain rapide, le contexte reste très incertain et peut encore provoquer des baisses.

Une réelle appétence pour le risque ?

Pas forcément. Chez beaucoup de particuliers, l’intérêt pour la bourse vient autant de l’incertitude que de l’appétit pour le risque. En période de crise, certains cherchent surtout à protéger ou faire fructifier leur épargne face à des taux faibles.

Un engouement soudain pour la bourse

Oui, le confinement a clairement provoqué un afflux d’ouvertures de comptes et d’ordres d’achat. Cela s’explique par le temps disponible, la facilité d’accès aux plateformes et l’idée de profiter de prix plus bas. Mais cet engouement ne garantit pas de bonnes décisions d’investissement.

Les marchés financiers ont connu en ce début d’année 2020 à un véritable cataclysme suite à la prolifération du coronavirus sur l’ensemble des continents.

Oui, la crise sanitaire a déclenché une chute très brutale des marchés mondiaux. Le CAC 40 a notamment perdu près de 40 % entre son pic de février et son point bas de mars 2020. Cette baisse reflétait la peur d’une récession et d’un choc durable sur l’économie réelle.

Depuis le mois de mars 2020, la planète est en état de mort clinique.

Cette formule traduit surtout l’ampleur du choc économique et psychologique. Les marchés ont été secoués par l’arrêt brutal de nombreuses activités, les confinements et l’incertitude sur la reprise. En pratique, cela veut dire que la visibilité restait très faible à court terme.

La hausse des indices en ce début avril est-elle un vrai signal de reprise ?

Pas nécessairement. Une hausse après une forte chute peut être un rebond technique plutôt qu’un retournement durable. Pour parler de reprise solide, il faut aussi voir une amélioration des résultats des entreprises et des indicateurs économiques.


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